Non, ce n'est pas le trou au fond du jardin
de nos grand-parents. Une toilette sèche se différencie
d'une toilette à chasse d'eau par le simple fait
qu'elle n'utilise pas d'eau.
A la place, on recouvre les déjections d'une litière
sèche carbonée. Tout ce qui est disponible
localement convient : sciure de bois, copeaux, paille ou
foin séché et broyé.
C'est simple, propre et sans odeur.
Pourquoi utiliser une toilette sèche
?
Parce que c'est chimiquement
logique ! Nos déjections sont surtout constituées
d'azote, de phosphore et de carbone. Ces éléments
ont des cycles terrestres, c'est à dire que leur recyclage
doit être réalisé par compostage afin d'être
rendus à la terre pour l'enrichir. Mêler les déjections
(humaines ou animales) avec l'eau est une erreur et un non-sens
écologique sans précédent Parce que l'eau est précieuse,
qu'il faut mieux l'utiliser et la protéger C'est de l'eau potable qui est utilisée
à raison d'une moyenne de 40 litres/habitant/jour pour "chasser
" nos déjections. Cette mauvaise gestion de la matière
organique est à la source de bien des problèmes :
épuration lourde et peu efficace (60% de la charge des eaux
à épurer provient des toilettes ), dégradations
des écosystèmes aquatiques et des eaux souterraines,
manque à gagner désastreux pour les sols. La
toilette sèche n'utilise pas d'eau et après compostage
de la litière, rend au sol la richesse qu'il nous donne.
C'est le plus
grand et le plus simple des gestes écologiques
Alors, comment ça marche
une toilette sèche ?
C'est très simple : Une fois nos
déjections terminées, on met aussi le papier hygiénique
dans la toilette (c'est du carbone), puis on couvre de la litière
carbonée mise à disposition. Nous utilisons de
la sciure de bois gratuite obtenue auprès d'une scierie
locale (attention, ne pas utiliser de bois traité ou
exotique afin de ne pas récupérer un compost toxique
pour la terre).
Ça ne sent pas : Versée en quantité adaptée,
la litière carbonée bloque les fermentations anaérobies
et permet le démarrage du compostage.
Tiens, et pourquoi pas une toilette
sèche chez vous ?
Il suffit d'encadrer confortablement un
seau et de se procurer de la matière sèche fine
et carbonée qui sera utilisée comme litière
après chaque usage. Quand la toilette est pleine, le
vider sur le carré à compost, avec les épluchures
de légumes et les déchets du jardin. Une fois
plein, le tas de compost est disposé en andain en alternance
avec de l'ortie, de la consoude et du fumier animal et recouvert
de paille. Laisser mûrir un an et s'en servir au potager
ou aux pieds des arbres ou des fleurs.
-->Vous pouvez
télécharger ces explications dans
un document au format pdf
n'hésitez pas à l'utiliser, l'afficher,
le diffuser autour de vous
TOILETTES SECHES: Questions/Réponses
Quelle économie d’eau
?
10l d’eau par chasse d’eau, 40l d’eau par personne
et par jour, soit un total de 14 mètres cubes par personne
et par an.
Quelle économie d’argent
?
Le prix de 1 m3 d’eau est environ 2 € (hors abonnement)
Calcul pour 1 personne : 30 €/ an, pour une famille de 4 personnes
: 120€.
Quel volume de déchet représentent
nos déjections?
En moyenne une personne évacue 150g de selles et 1.5 litres
d’urine par jour. Avec une chasse d’eau et pour évacuer
environ 1.7 litres de déchets, ce sont plus de 40 litres d’eau
potable qui sont nécessaires, soit plus de 20 fois plus.
Pourquoi est-ce un geste grandement écologique
?
- Moins de gaspillage d’eau potable (14 m3 d’eau/ personne
/ an)
- Moins de pollution en amont donc moins d’eau à épurer
- Enrichissement de la terre par la restitution d’un humus riche
issu du compostage
- Prise en charge de ses déchets. L’utilisation de toilettes
sèches s’inscrit dans une démarche de tri sélectif.
A l’intérieur ou à
l’extérieur, quel lieu pour les toilettes sèches
?
L’emplacement choisi pour les toilettes sèches est
à votre convenance, en fonction des usages.
Ne nécessitant aucune de canalisation d’arrivée
ni évacuation d’eau, elles peuvent s’installer
facilement et indifféremment :
- A l’extérieur : réhabilitation d’une
cabane existante, facile à la belle saison lorsqu’on
est souvent à l’extérieur (jardin…).
- A l’intérieur : pour plus de confort, la proximité,
peuvent se placer dans la salle de bain ou à la place des
anciennes toilettes à eau.
- Mobile : certains modèles, compacts et portatifs, permettent
de la mettre ou on le souhaite en fonction des besoins (chambre,
annexe, caravane…).
? L’idéal est d’avoir les deux, à l’extérieur
pour une utilisation saisonnière, à l’intérieur
pour le quotidien, le confort, la nuit…
Quel contenant pour mes toilettes sèches
?
La taille variera en fonction de l’emplacement, du nombre d’usagers
et de la force de la personne qui assurera la vidange. Prévoir
en moyenne entre 12 et 20 litres (possibilité d’utiliser
une poubelle 80 litres).
Matériaux :
- Seau ou poubelle plastique : pas cher, facile à trouver,
mais se tachant à la longue et donc à remplacer.
- Seau galvanisé : facile à trouver, pas trop cher,
mais rouille rapidement au contact acide des urines.
- Seau inox : l’idéal car ne se tachant pas, facile à
nettoyer après vidange et par essence inoxydable donc résistant
dans le temps. Par contre difficile à se procurer (matériel
professionnel de fromagerie ou de cuisine) et cher (environ 90€
pour 15 l). On peut aussi partir sur une marmite inox ou une casserole
de collectivité.
? Quelque soit le matériaux, prévoir un récipient
avec couvercle pour le transport et la manutention.
Ou trouver la sciure ?
Dans une scierie locale, en s’assurant au préalable qu’ils
ne travaillent pas avec des bois traités ou exotiques. Gare
aux menuiseries qui travaillent très souvent avec des bois
traités.
Quel papier utiliser ?
On peut mettre le papier dans le compost, c’est du carbone.
Le choix du papier est à votre convenance même si nous
vous conseillons de le préférer non coloré et
non blanchi.
Comment gérer le compost issu des
toilettes sèches ?
Lorsque le récipient est plein, on le vidange (couvercle +
paire de gants pour le transport) sur le tas de compost en l’étalant
avec une fourche sur la surface du compost, puis en le recouvrant
de matière ligneuse et carbonée (paille, tonte, broyat
de végétaux). Le seau est ensuite rincé et frotté
à la brosse, l’eau de lavage vidée également
sur le compost.
Si le compost est complètement clos et inaccessible aux animaux
(chat, chien…), n’hésitez pas à mélanger
déchets de cuisine et de jardin. Dans le cas contraire, prévoyez
deux tas distincts pour permettre aux animaux de grappiller croûtes
de fromage et gras de jambon sans mettre les pattes dans le compost
des toilettes sèches. Vous pourrez les mélanger dans
un second temps, en le brassant et formant un nouveau tas en andain
où vous alternerez, façon millefeuille, compost toilettes
sèches, tonte, orties, consoude, prêle, compost de jardin
et de cuisine... Le tas sera complètement recouvert d’une
épaisse couche de paille et laissé à composter
au moins un an (dont un été).
? Ce terreau riche issu du compostage pourra être utilisé
sur les arbres, fleurs ou potager.
Faut-il séparer les urines des matières
fécales ?
Les modèles de toilettes sèches manufacturées
le proposent fréquemment. L’objectif de la séparation
est de réduire le volume de déchets. Les selles étant
déshydratées (électriquement ou par ventilation
naturelle) ou compostées (brassage électrique), et les
urines évacuées par un drain. La séparation peut
aussi être utilisée pour une application collective des
toilettes sèches (immeuble) avec des modes de collecte et de
compostage adaptés.
Tant qu’elles ne rentrent pas en contact avec les selles et
que la personne est en bonne santé, les urines sont stériles
(pas de germes pathogènes) et, riches en azote, constituent
un engrais pour les plantes. Cependant dès que ces conditions
ne sont pas remplies, les urines doivent être traitées
pour ne pas être source de pollution.
Certains modèles nécessitent une modification du comportement
: on urine à un endroit et on défèque à
un autre sur une lunette adaptée. Dans ce cas, à priori
pas de contact.
Les autres modèles séparent mécaniquement les
deux. Techniquement un tamis récupère les fèces,
les urines traversant le tamis jusqu’à un récipient
en dessous. Là, il y a contact, et les urines ne devraient
pas être rejetées dans la nature sans retraitement préalable.
La toilette à compost mélange l’urine et les selles.
L’urine apportant l’humidité nécessaire
au bon fonctionnement du compost. Seul le compostage, par la montée
en température, détruit les germes pathogènes
(ce que n’opère pas la déshydratation).
Les toilettes sèches, est-ce
possible en ville, en appartement ?
En principe oui, le tout étant de prévoir un mode de
vidange, particulier ou collectif (si plusieurs dans l’immeuble,
dans la ville…) et un lieu de vidange (particulier, agriculteur,
déchets verts..).
Est-ce qu’on peut utiliser des toilettes
sèches en climat extrême, type haute montagne ou zone
désertique chaude ?
C’est la difficulté voir l’impossibilité
d’alimentation en eau de ces climats qui font que les toilettes
sèches y sont utilisées depuis longtemps (refuges, désert…).
Outre l’économie d’eau, ce type de toilette respecte
l’environnement et l’équilibre fragile de ces milieux.
Comment construire une toilette sèches
?
L’auto construction de toilettes sèches est souvent l’occasion
d’exprimer votre créativité. Globalement et de
façon non exhaustive, on retrouve une lunette de toilette et
un récipient, un seau à sciure et une louche. On peut
ensuite créer une caisse en bois avec couvercle percé
sur charnière sur lequel on fixera l’abattant et dans
lequel on glissera le récipient. On peut également réadapter
la pièce des toilettes ou construire une cabane dans le jardin
… (cf. photos sur le site).
De quoi sont composées nos déjections
?
L’urine contient de l’eau, de l’azote, du phosphore
et un peu de potasse, ce qui en fait un engrais au même titre
que les engrais azotés d’origine industrielle. Sauf maladie,
l’urine est stérile.
Les matières fécales contiennent également de
l’azote, du phosphore et de la potasse, et un peu d’eau
mais aussi du carbone. Ce carbone alimente la population microbienne
du sol et est transformé en humus stable. Les matières
fécales contiennent aussi des germes pathogènes, dont
une grande partie va mourir ne serait-ce que par le changement d’environnement.
Le reste sera détruit par les différentes phases du
compostage.
-->Vous pouvez télécharger
ces explications dans un
document au format pdf
n'hésitez pas à l'utiliser, l'afficher, le diffuser
autour de vous
Pour aller plus loin
Enquete
nationale
auprès des utilisateurs de
toilettes sèches
- "Un petit coin pour soulager
la planète", De Ch.
Elain , ed. Goutte de sable, fevrier 2005(commander)
- "Des toilettes seches à
la maison"guide 2004, catalogue,
Toilettes du monde
- "Assainissement écologique",
ed ASDI, 2001, Toilettes
du monde
- Maison Ecologique
- n° 18 octobre-novembre 2003: article sur la première
conférence internationale sur les toilettes sèches
qui vient davoir lieu en Finlande",
- n° 25 février-mars 2005: dossier Toilettes seches(commander) ,